je recule pour mieux voir.

je recule pour mieux les voir. ces deux petits bouts de moi, bouts de nous.

ils sont tellement différents au-delà de ce qu'ils montrent.

Lili est toujours dans la rivalité. elle essaie, tente, repousse les limites, expérimente dans tous les domaines. elle compare, elle se compare, elle questionne, me reproche de ne pas l'avoir fait naître plus tôt de façon à ce qu'elle soit plus grande, plus âgée, plus en droit de faire... toujours plus, mieux, et encore.

mon insatisfaite chronique est exigente au-delà de ce qu'on pouvait prévoir. c'est une compétitrice.

évidemment cette petite fille plus-plus est sensible. elle emmagazine tout et en souffre. elle a parfois mal dans son dedans comme elle dit. les mots sont parfois compliqués, la patience partie faire un tour, alors la microkiné aide à passer à autre chose pour grandir mieux.

 

Basile, mon enfant des bois hyper sociable. mon petit animal, parce qu'entre nous c'est bestial. on se touche, on se renifle, et ça nous est vital. ils nous faut notre dose de l'autre. je comprends avec lui l'amour d'une mère pour son fils. il intègre un nouvel univers depuis quelques jours avec une nounou interimaire le temps que N. soit sur pied(s). il développe toutes ses compétences tant dans l'expression que par le physique. il fallait le déclic. la révolution des 2 ans n'a pas eu lieu et ça commençait à me questionner... elle est là. c'est maintenant que mon tout petit devient un garçon qui prépare le meilleur café-dînette, se remet les cheveux en arrière d'un geste élégant et s'appelle volontiers président quand il porte sa robe de chambre rouge en pilou-pilou.

 

je recule pour comprendre.

je recule pour comprendre à mon tour ce que d'autres voient avec évidence. je suis parfois lente à saisir les situations ou en tous cas tous leurs tenants et aboutissants. il y a quelques jours, j'ai saisi le fond d'un problème professionnel. je garde donc ma conscience professionnelle, mais aussi une certaine colère liée à l'incompréhension.

je recule alors aussi pour mieux préparer et tenter un saut. la proposition ultime, après laquelle j'aurai tout tenté. il ne pourra pas rester de remords.

 

je recule pour sentir.

je recule pour sentir l'intensité de la vie. elle s'échappe si vite au quotidien qu'on je ne la sens pas passer. mon agenda reste fermé, les lunes passent, les feuilles tombent et je reste impassible à ce flot de jours qui s'écoulent. je suis ailleurs, dans un autre rythme, différent, parallèle à celui de ceux qui m'entourent. c'est difficle. alors le soir, c'est le ciel profond et ses étoiles qui m'arrêtent. et je me dis à chaque fois qu'on ne regarde pas assez la nuit. alors je l'appelle, l'oblige à sortir et à prendre l'appreil photo avec lui pour essayer de saisir la lune derrière les nuages. je suspends alors le temps qui m'entraîne jusqu'au premier pied posé dans la voiture le lendemain matin.